"le meilleur amant que tu aies eu?"
ATTENTION
L'aventure se termine à la Folie Théâtre le 13 mars, et le spectacle affiche complet jusqu'à cette date.
Les réservations sont donc impossibles, mais...
l'aventure reprend au Théâtre Essaïon à compter du
Dimanche 27 mars !
Pour réservez dès maintenant à tarif réduit (nombre de places limité),
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Synopsis
David et Nathalie se sont connus sur internet et vivent ensemble depuis 2 ans. David assume très mal le fait que leur union ne soit pas due au hasard.
Chaque nuit ou presque, il réveille Nathalie et entame une discussion sans fin, espérant ainsi être apaisé.
Cette nuit-là, à la question habituelle « quel est le meilleur amant que tu aies eu ? », Nathalie, d’ordinaire silencieuse finit par répondre en donnant un nom que David entend pour la première fois : « Sébastien Boulard ».
Le mot de l'auteur
Comme Elle, vous avez toujours refusé de répondre à cette question posée par l’homme qui ronfle dans votre lit. Et si, ce soir, comme Elle, vous décidiez d’y répondre ? Heureusement, rien ne vous interdit de mentir... ou de dire la vérité.
Comme Lui, vous êtes convaincus d’être le meilleur amant qu’Elle ait eu. Et si ce n’était pas vous ? Et si c’était votre voisin du dessus ? Et si, ce soir, vous lui posiez la question ? A vos risques et périls …
Présentation de la pièce
Une pièce en un acte avec trois personnages, David, Nathalie et Sébastien Boulard, qui traite à la fois avec humour et profondeur de sujets de société parfois très actuels, parfois intemporels :
1) La rencontre amoureuse sur internet.
L’amour doit-il être le fait du hasard, ou doit-on, comme Nathalie, penser que « le destin est partout, même sur internet » ?
Et dans ce cas, comment être certain de son choix ? Pourquoi s’arrêter dans sa quête alors que des milliers de personnes paraissent accessibles d’un simple clic ? Ainsi, David déclare-t-il : « Quand une femme me plaisait, je me disais qu’une autre me plairait d’avantage ». A quel moment dire stop ? Une fois qu’on pense avoir trouvé l’âme sœur, comment résister à l’envie de se reconnecter pour voir s’il n’y a pas « mieux » ? Mais aussi, peut-on accepter l’idée que l’état amoureux ne dure qu’un temps ? Ou bien, doit-on se fixer comme objectif de trouver l’être capable de le générer et de le prolonger indéfiniment ? Doit-on, comme David, se mettre en danger, s’inventer des situations exceptionnelles pour simplement se rassurer sur la force de ses propres sentiments, et ceux de l’être aimé ?
Il fut un temps où, dès lors que l’on sentait une certaine attirance réciproque, associée à une relative compatibilité de caractère ou d’origine socioculturelle, on n’hésitait pas à s’engager dans une relation de couple. Aujourd’hui, devant l’étendue des possibilités de rencontres, il devient difficile de renoncer à la quête d’une perfection illusoire.
Par ailleurs la tentation est grande de se dire « si ce n’est pas lui (ou elle) ce sera un (ou une) autre ». Ainsi, nous sommes tous plus ou moins enclins à n’accepter ni sacrifice, ni compromis. De la même façon que le divorce se généralise, la quête de la perfection s’installe insidieusement dans nos esprits. La peur d’être seul a laissé la place à celle de faire le mauvais choix, ou plutôt, à celle de ne pas faire le meilleur choix. Le sexe, l’amour, le couple, sont devenus de simples produits de consommation.
2) Les femmes pulpeuses reviennent en force.
Alors que David recherche une perfection absolue, il découvre en Nathalie, le charme d’une silhouette généreuse. Depuis de nombreuses années, et plus récemment, avec « Tournée » de Mathieu Amalric, beaucoup d’artistes semblent vouloir bousculer l’idée reçue qui consiste à penser que la beauté est forcément synonyme de minceur. Et même si l’on peut admettre que les hommes préfèrent se promener au bras d’une femme filiforme, il semble que dans l’intimité, de plus en plus d’hommes réalisent presque malgré eux que les formes et les rondeurs éveillent en eux un désir indiscutable.
3) Les hommes obsédés par la performance sexuelle.
Le sexe est-il au centre de la relation amoureuse ? Pour David, tout commence par un désir intense. Le grand amour, c’est avant tout une rencontre d’exception entre deux sensualités qui expriment enfin toute leur mesure. Et même si David comprend qu’il est illusoire de vouloir être qualifié de parfait amant, il reste convaincu que pour aimer et être aimé de Nathalie, il doit impérativement être le meilleur amant qu’elle ait eu.
Nous avons interrogé et filmé des femmes dans les rues de Paris (voir vidéos). En grande majorité, elles nous ont confié que leur partenaire actuel, voire leur époux, n’était pas le meilleur amant qu’elles aient eu.
Du coup, l’amour peut-il se résumer à un désir absolu et une parfaite entente sexuelle ? Quelle est, ou quelle doit être, la place du sexe au sein du couple ? Le désir peut-il être pérenne ? L’attrait de la nouveauté peut-il être compensé par de la tendresse et de l’attachement, pour ne pas dire de l’habitude ?
4) La peur d’avoir des enfants
Comment accepter de passer d’un statut de couple à celui de parents, sans renoncer à ses idéaux égoïstes ?
Vivre en couple met déjà à l’épreuve l’égoïsme de chacun. Pour y parvenir il faut accepter un certain nombre de compromis. On peut penser que sans le désir sexuel, la tâche serait impossible. Alors qu’en est-il lorsque le désir s’émousse ? Une seule solution : se décentrer, voire en l’autre celui ou celle que l’on veut rendre heureux. Autrement dit, s’inscrire dans le don.
Enfin, lorsque le couple commence à avoir le sentiment de ne pas avancer, avoir un enfant permet de regarder dans une même direction et de remplacer l’égoïsme du couple, par une générosité tournée vers cet enfant.
David le veut-il, et le peut-il ?
« LE MEILLEUR AMANT QUE TU AIES EU ? » c’est la quintessence, traitée avec une apparente légèreté, des tribulations du « mâle » moderne accablé par la peur, de lui, des autres, de la vie.
C’est l’histoire de l’amour aujourd’hui … qui fait rire, qui tente d’expliquer, qui veut faire réfléchir.
Notes de mise en scène
En 2006, Elie SASSON rencontre Christian WALDMANN. Ils viennent tous deux de s’inscrire au Cours Florent. Entre eux, très vite, une grande complicité va naître. Ils veulent jouer ensemble chaque fois qu’on leur en donne l’occasion.
Une chose les réunit surtout: leur vision du théâtre. Tous deux prétendent que le jeu doit s’inscrire dans une recherche de sincérité. Comme Stanislavski, ils pensent qu’il faut « être sincère dans les circonstances proposées ». Même un silence peut être captivant, pourvu qu’il soit habité d’un sentiment authentique.
Certes, le théâtre oblige à porter la voix, et donc, à ne pas être tout à fait « sincère ». Il oblige aussi à réfléchir aux placements et déplacements des comédiens, et donc ressemble bien souvent à une chorégraphie millimétrée. Malgré tout, les deux compères ne renoncent pas à leur envie d’un théâtre sans « faire semblant ». Et après avoir écrit « Le meilleur amant que tu aies eu ? », Elie Sasson propose à Christian Waldmann d’interpréter le rôle de Sébastien Boulard et de s’associer à la mise en scène.
Pourquoi est-il d’usage de monter de préférence des pièces de théâtre qui ne dépassent pas 70 mn ? Pourquoi, à l’inverse, lorsqu’un film ne dure que 90 mn, on en resterait presque sur sa fin ? Est-ce parce que les sièges des théâtres sont moins confortables que ceux des cinémas ? Certes, c’est parfois vrai.
Mais pour Elie Sasson et Christian Waldmann, la réponse tient au fait que le spectateur a besoin de sincérité pour être totalement captivé par un spectacle.
Avec « Le meilleur amant que tu aies eu ? », Christian Waldmann et Elie Sasson tentent de relever le défi. Pendant 18 mois, ils travaillent ensemble sur une mise en scène et une direction d’acteur qui veut tenir compte à la fois des impératifs du jeu théâtral, mais aussi, et surtout, de la recherche de sincérité.
Ainsi, la direction d’acteur s’est, dans un premier temps, longuement focalisée sur l’analyse-action : décryptage essentiel du texte, du sous texte, des objectifs et sous-objectifs. Ensuite, chaque comédien a eu le devoir de développer progressivement son monologue intérieur, jusqu’à s’oublier, se décentrer, augmenter son écoute, et ainsi, tenter de vivre avec sincérité chaque situation. Un seul mot d’ordre : ne jamais fabriquer une réaction et la laisser naître en soi.
Ce n’est que dans un second temps, en fonction des propositions des comédiens, que les placements et déplacements ont été fixés, pour être compatible avec l’équilibre du plateau.
Les deux metteurs en scène ont choisi de monter un spectacle, finalement à cheval entre cinéma et théâtre. Plus proche du cinéma, pour ce qui est de la direction d’acteur, et plus proche du théâtre, pour ce qui est de la mise en scène à proprement parler. Ce choix fut aussi facilité par le caractère assez cinématographique de l’écriture de la pièce : insertion de noirs, utilisation de l’ellipse, du flashback, ou encore du rêve.
La tentation fut d’ailleurs grande de tourner en amont les flashbacks et les rêves, afin de les projeter sur grand écran. Mais, après une longue hésitation, la décision fut prise de tout jouer sur la scène. Encore un défi pour les comédiens : se plonger instantanément dans un rêve ou un flashback, changer d’état émotionnel en une fraction de seconde, juste le temps d’un noir.